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mercredi 1 juillet 2026

Opera dei Pupi a Palermo

Contribution de Clementine Cervellon


Mardi soir 3 mars 2026



Avec un petit groupe nous sommes allés voir les marionnettes de l'Opera dei Pupi. Comme on peut voir sur l'affiche ci -dessus l'Opera dei Pupi est inscrit en 2008 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité (originellement proclamé en 2001).  Le théâtre de marionnettes dit « Opera dei Pupi » est né au début du dix-neuvième siècle en Sicile où il a rencontré un vif succès auprès des classes populaires. Les marionnettistes racontaient des histoires inspirées de la littérature chevaleresque du Moyen Âge et d’autres sources telles que la poésie italienne de la Renaissance, la vie des saints ou des histoires sur des bandits célèbres. Les dialogues étaient en grande partie improvisés. Les deux principales écoles siciliennes de marionnettes, celles de Palerme et de Catane, se distinguaient principalement par la taille et la forme des marionnettes, les techniques de manipulation et la variété des décors de toile de fond.

Ces théâtres étaient souvent des entreprises familiales. Les marionnettes, réputées pour l’expressivité de leur visage, étaient sculptées, peintes et construites par des artisans selon des méthodes traditionnelles. Les marionnettistes, s’efforçant de se surpasser les uns les autres lors des spectacles, exerçaient une véritable influence sur le public. Autrefois, étalées sur plusieurs soirées, les représentations constituaient autant d’occasions pour les gens de se retrouver.

Les bouleversements économiques et sociaux provoqués par l’extraordinaire essor économique des années 1950 ont profondément affecté la tradition, ébranlant considérablement ses fondements même. À l’époque, des formes similaires de théâtre ont disparu dans d’autres régions d’Italie, avant de resurgir, pour certaines d’entre elles, une vingtaine d’années plus tard. L’Opera dei Pupi est le seul exemple de tradition ininterrompue de cette forme de théâtre. Les difficultés économiques actuelles ne permettent plus aux marionnettistes de vivre de leur art, ce qui les amène à se tourner vers des professions plus lucratives. Par ailleurs, le tourisme a contribué à amoindrir la qualité des spectacles, au départ exclusivement destinés à un public local. (texte du site de l'Unesco).

A l'entrée du théâtre Argento dans la Via Pietro Novelli en face de la Cathédrale

Le théâtre est ouvert tous les jours à 17h30 et au moment de notre passage on y jouait Le Gesta di Orlando. (entrée 15 €).












On nous a invités à découvrir les coulisses du théâtre. J'ai pu soulever cette marionnette : Les Pupi palermitains mesurent 90 cm et pèsent entre 5 et 10 kilos ! 





En France aussi nous avons une tradition de marionnettes. Au mois de mars dernier à l'occasion d'un séjour à Lyon j'ai visité un théâtre de Guignols. Guignol est devenu l'emblème de la ville de Lyon et des Lyonnais. Le Guignol est une marionnette à gaine créée vers 1808 par Laurent Mourguet. Personnage haut en couleur à la langue bien pendue, il utilise le parler lyonnais et des expressions truculentes, pour dénoncer l'injustice sociale en prenant le parti des petites gens. Dès sa naissance, ce spectacle destiné aux adultes connaît un franc succès. Aujourd'hui encore, il tient une place privilégiée dans le cœur des Lyonnais. En discutant avec l'exploitant il m'a raconté qu'il connaissait très bien la tradition sicilienne des Pupi et qu'il avait visité un des théâtres à Palerme.

A suivre ...

 

vendredi 24 avril 2026

Palerme -- Oratorio San Lorenzo et l'Antica Focacceria San Francesco

Contribution Clementine Cervellon

Retour à dimanche matin

Dimanche matin 1er mars 2026 (suite)

Nous continuons notre balade dominicale au cœur de Palerme. A part la visite des monuments j'aime observer les gens dans la rue, découvrir la gastronomie d'un pays, comprendre le streetart auquel je réserve toujours une page, et  capturer l'atmosphère d'une ville, même avec ses aspects parfois moins esthétiques. Donc allons-y : 

Magasin de souvenirs

Spritz en veux tu en voilà !

Depuis quelques années le Spritz est devenu un must même en dehors des frontières d'Italie. Alors on surfe sur cette vague avec des Spritz à la grenade, à la mangue et pourquoi pas un Maradona Spritz ? J'ai aucune idée de quoi il s'agit. Mais il y a quand-même une boisson dont le nom m'intrigue : Limonata a cosce aperte ?? 



Je l'ai vu à plusieurs endroits en Italie et à mon retour j'ai fait des recherches pour comprendre ce que c'est une limonade à cuisses ouvertes... Et voilà, vous allez tout comprendre en ouvrant ce lien.


Cette photo me fait rêvasser. Est-ce que le voisin discute avec la voisine par-dessus la balustrade qui sépare leurs balcons ? De quoi parlent-ils ? A t'il le béguin d'elle ? Ou peut-être ils ne sont pas du tout voisins, mais un couple qui se dispute ? 

Notre programme prévoyait la visite de plusieurs oratoires dont l'Oratorio baroque San Lorenzo dédié aux cultes de saint François et de saint Laurent. Quand on y entre on est stupéfié par la richesse du décor. 


Derrière l’autel se trouvait "la Nativité" peinte par le Caravaggio en 1609 et volée en 1969, qui a récemment été remplacée par une reproduction photographique de qualité. L'œuvre n'a jamais été retrouvée.



Le célèbre juge anti-mafia Giovanni Falcone s’intéressait de près à un détenu repenti, Marino Mannoia, surnommé « Mozzarella » dans le milieu. Il dit avoir vu le Caravaggio. Falcone est assassiné en 1992, mais Mannoia a continué de se livrer. La confession a lieu le 28 décembre 1996 : petite frappe de 17 ans, on lui aurait commandé le vol de 1969 avec quelques complices. Il paraît que le tableau ait été tellement mal conservé, qu'il aurait été découpé en morceaux...



Les sculptures en stuc ont été réalisées au début du XVIIIème siècle par Giacomo Serpotta. 




Un des 8 petits théâtres muraux illustrant les histoires des deux saints.



Un putto touchant les parties intimes d’un autre putto

Dans mon précédent article je vous ai déjà parlé des putti, ces statues de nourrissons joufflus et joyeux, narquois, las ou moqueurs qu'on voit dans beaucoup de lieux religieux. Ce sont les éléments décoratifs les plus populaires dans l'œuvre de Serpotta qui constituaient le thème du baroque sicilien. Les putti de Serpotta sont des enfants, plutôt que d'être des anges au ciel.

Les putti font des bulles de savon

Après une matinée culturelle nous ne devons pas oublier les plaisirs du palais que nous allons assouvir à l'Antica Focacceria San Franceso. C'est bien le genre d'endroits que j'adore découvrir. Ce restaurant sert du streetfood sicilien. Avec moi ils sont à la bonne adresse.



Je trouvais un peu dommage que nous n'ayons pu être mélangés à la population locale qui mangeait debout au rez-de-chaussée. Mais bon, on ne va pas se plaindre qu'on nous ait réservé une salle à l'étage pour nous tout seuls.




On nous a servi plusieurs plats et en fonction de nos envies on nous en re-servait. J'ai oublié de tout prendre en photo. En dehors de ce que je publie ici je crois me souvenir qu'il y avait aussi des panelle et peut-être des arancini.

Cazzilli

Pane ca' meusa

Et voilà ! Léo nous en avait parlé pendant le cours : Il nous fallait sans faute essayer la spécialité sicilienne : la rate ! J'avais réagi avec un geste de dégout.  Lors de mon séjour en Sicile en 2012 j'avais vu au marché les grandes casseroles dans lesquelles on préparait toutes sortes d'abats et même à Florence où le lampredotto est le streetfood par excellence. Même si j'adore découvrir toutes les spécialités culinaires, je n'ai jamais réussi à surmonter mon dégout par rapport à ces abats. Mais comme Leo avait insisté je lui avais promis que ferais un effort. Et j'ai tenu parole. J'ai donc dégusté un de ses petits pains à la rate et je peux dire que finalement ce n'est pas si mauvais que ça, je l'ai mangé sans dégout, mais je ne peux pas dire que j'ai aimé. 

Eh Léo, si un jour tu vas au Pays-Bas, tu me promets de manger notre spécialité culinaire : le hareng cru !

Sfincione

Il y a quelques années j'ai préparé la recette de la sfincione à la maison. Pour la recette c'est ici.

Cannoli siciliani

Et la journée n'est toujours pas terminée !

A suivre ...

vendredi 20 mars 2026

Palerme (Sicile) - Palazzo Valguarnera Gangi

Contribution de Clementine Cervellon

 Retour à l'introduction

Samedi 28 février 2026

Palazzo Valguarnera Gangi


Les profs de Dante Alighieri Perpignan nous proposent un programme de visites, mais chacun est libre de le suivre ou d'y ajouter des visites, ce qui a été notre cas, car nous étions 5 à vouloir visiter le  Palazzo Valguarnera Gangi, mais le problème était qu'il fallait être au moins 20. Le Palazzo avait averti notre professoressa accompagnatrice Luisa un peu avant notre départ pour Palerme que nous pouvions nous joindre à un autre groupe de touristes, ce qui ferait en tout un groupe de 20. La visite aurait lieu dès notre arrivée à Palerme. Je me suis personnellement occupée de la réservation de la visite guidée et du taxi qui nous récupèrerait à notre arrivée à l'aéroport pour nous accompagner au Palazzo qui se trouve à 30 km de là. Or, il s'est avéré qu'une sixième personne avait signalé que cette visite l'intéressait également, mais je n'en avais pas été avertie. A partir de l'aéroport de Barcelone j'ai appelé le Palazzo et le taxi pour leur signaler qu'une personne supplémentaire se joindrait à nous. "Non e un problema !" Assez contente d'avoir réussi à régler le problème, nous décollons pour Palerme.


Il faut que je vous parle quand même de ce qui nous est arrivé avec le taxi. J'avais eu un contact téléphonique  très sympathique avec le chauffeur qui m'avait confirmé qu'il nous attendrait à l'aéroport dès notre atterrissage. Un éventuel retard de l'avion était compris dans la réservation. J'avais imprimé ma réservation avec le nom de la compagnie de  taxi en grosses lettres et c'est donc en brandissant ma résa en sortant de l'aéroport qu'un chauffeur s'est présenté et nous a embarqués. Une fois en route pour Palerme il me demande comment j'allais payer. Comment ? Mais j'avais déjà réglé d'avance le trajet avec ma carte Visa !! Le chauffeur a été odieux, et je n'ai pas reconnu ce chauffeur si sympa que j'avais eu au téléphone. J'ai compris aussitôt que ce n'était pas le taxi que j'avais commandé et j'ai donc ordonné le chauffeur de faire demi tour et de nous ramener à l'aéroport pour que nous puissions y retrouver notre chauffeur qui entretemps m'avait envoyé des sms pour me signaler qu'il nous attendait toujours à l'aéroport. 

Je suis convaincue que ce chauffeur malhonnête a essayé de voler des clients d'un concurrent, car il avait très bien compris quand je lui avais montré le nom de la compagnie sur ma réservation que j'avais réservé avec une autre compagnie, mais il s'était dit qu'il pouvait bien essayer de récupérer ces touristes français. Je lui en ai fait le reproche et comme je ne me suis pas laissé faire, il nous a bien raccompagnés à l'aéroport tout en rouspétant. Il était tellement remonté qu'en garant sa voiture devant l'aéroport il a touché un poteau et son taxi a été bien endommagé. (Je dirais presque : c'est bien fait pour lui).

Notre charmant chauffeur de taxi nous avait attendu gentiment à l'aéroport en montrant un panneau portant mon nom. Il a été super sympa, car même si on ne le lui avait pas demandé d'avance il nous a déposés d'abord à l'hôtel pour que nous puissions nous débarrasser de nos bagages et ensuite il nous a accompagnés au Palazzo.  On lui a laissé d'ailleurs un bon pourboire.


Nous voilà donc tous les 6 arrivés à l'entrée du Palazzo. J'avoue que la visite guidée est assez chère (60 € p.p.), mais il s'agit d'une propriété privée et les propriétaires financent l'entretien et le restauration du palais sans recevoir de subvention. On nous a bien signalé d'avance qu'il était strictement interdit de faire des photos à l'intérieur des salles. Je vous montre donc mes photos de l'extérieur mais également celles de l'intérieur que j'ai trouvées sur internet.

L'entrée du Palazzo




Ci dessous les salles que nous avons visitées et dont j'ai trouvé les photos sur internet.

Le Fumoir

La Salle à manger

À la fois somptueuse et raffinée, cette élégante salle à manger surmontée d'un dôme trouve sa place à Palerme, la ville sicilienne que Goethe considérait comme « le plus bel endroit du monde »


On arrive enfin dans la fameuse Salle de bal, solaire, magnifique que nous avons pu voir dans le film Le Guépard* (Il Gattopardo) de Visconti avec Alain Delon, Claudia Cardinale et Burt Lancaster.  La salle de bal a conservé son splendide mobilier, avec canapés, chaises sculptées, consoles, murs décorés, boiseries, ses grands miroirs. Le plus surprenant est la voûte originale à l’effet baroque scénographique. Au centre de la pièce, un lustre de Murano – l’un des trois plus grands du monde – est accroché à un double plafond aux niches asymétriques. «Une rareté» qui surplombe un pavement de Vietri où furent peints à la main d’intrigants guépards arborant un sourire humain.

La Salle de bal

Il Gattopardo

A la fin de la visite on nous offre un apéritif et des spécialités siciliennes :  arancini, panelle etc. et nous accédons à la grande terrasse du Palazzo pour profiter du panorama sur la ville.



* Info pour les adhérents de la Dante Alighieri Perpignan : Le DVD du film est disponible dans notre vidéothèque. 

Nous rentrons à pied à l'hôtel qui se trouve à 500 mètres.

Le soir on décide de manger dans un restaurant au coin de la rue de notre hôtelI Pastari. Le repas fut excellent et les prix sont tout à fait corrects.

Parmigiana di melanzane

Spaghetti all'amatriciana


Fritto siculo

Le fameux cannolo

A suivre ...